Le journal d'un confinement...

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Aldo
20-04-2021

Le printemps en automne

On ne récolte pas en hiver
On pique dans les fruits suspendus
On se hasarde aux inventaires
On se garde de l’inconnu
Et l’on regarde flamber
Les heures dans la cheminée
Ou se consument quelques rêves
Ou s’épuisent quelques songes

On se méfie des fièvres
Sensibles aux mensonges.
On n’attend plus le printemps
On le laisse simplement venir
Et s’il nous comble un instant
Peut-il encore nous étourdir !

Francis
19-04-2021

Journal

Une idée me traverse l’esprit. Comment remettre en route le mécanisme une fois cette pandémie vaincue?
Depuis plus d’un an nous vivons avec des restrictions, masque sur le visage, lien social disparu, finies les réunions en famille, les sorties au restaurant, cinéma, théâtre, thé dansant, spectacles etc. Et surtout les embrassades chères à nos cœurs avec nos enfants et petits-enfants.
Nous avons appris bien malgré nous, à nous écarter dès que l’on croise une personne afin d’éviter tout contact, distanciation oblige, plus de poignée de main franche.
Une fois tous vaccinés, pourrons nous à nouveau revivre comme par le passé? J’en doute car trop de problèmes, de soucis et surtout de morts sont venus endeuiller notre belle planète Terre, pour balayer d’un revers de manche tout cela.
Alors je me dis : Comment feras-tu ?
Au vu de ma réaction lors de la fin du premier confinement et les vacances d’été qui ont suivi, pendant lesquelles nous avons reçu nos filles et petites filles, je m’étais dit à ce moment-là que quoiqu’il arrive je serrerai mes filles et mes petites filles très fort dans mes bras et les embrasserai tendrement. Si je devais mourir de la Covid19, au moins j’aurai eu la joie de profiter chaque jour de ces tendres moments.
Après mûre réflexion je crois sincèrement pouvoir m’en sortir sans trop de casse. Bien sûr, je ne dis pas qu’il n’y aura pas de petites séquelles, voire de petits réflexes bien malgré soi.
Il y a cependant un fait inéluctable : l’homme, de tous les temps, a toujours réussi à surmonter les catastrophes. Et cette fois encore il le fera.
Mais avec j’espère plus de modestie et en ayant retenu les erreurs à ne plus commettre en cas de nouvelle pandémie.

Dominique
19-04-2021

Journal

Rêver un instant, un instant seulement
D’être soudainement
Doté d’une once du génie
De ce merveilleux fabuliste
Qu’était Jean de La Fontaine
Et, à sa suite, réécrire
Le cheval et l’âne
Le cheval, qui après avoir refusé
De partager la charge du baudet
Dut non seulement la porter tout entière
Mais aussi supporter le poids de l’âne mort.
Ainsi en va-t-il de nos jours avec les vaccins
Que les pays riches accaparent
Malgré les beaux discours
Pour n’en laisser qu’un pour cent
Aux pays pauvres où les gens
Peuvent bien se contaminer
Et faire circuler le virus
Qui nous reviendra en boomerang.
Le riche, comme le cheval, n’est
Ni partageux ni perspicace

Tant qu’il vit sous le faix mourir son camarade
Et reconnut qu’il avait tord
Du baudet en cette aventure
On lui fit porter la voiture
Et la peau par-dessus encor.

Dominique
12-04-2021

Journal

Hier, et c’est comme si c’était hier
Quand je sortais du cinéma,
La démarche chaloupée du shérif,
La main tendue en guise de pistolet
Menaçant d’invisibles et terribles hors-la-loi
Je faisais le fier
Me prenant pour Gary Cooper.
Quelques rides plus tard,
(Les cow-boys parfois se font de vieux os)
C’est sans vergogne, que je plagie les poètes
Et que son dernier livre à la main
J’usurpe l’identité d’Erri de Luca :

« …Quand je lis des livres en vers, des livres de poètes, chacune de leurs pages ressemble à une route. Pour moi, un livre de poèmes est une ville. Sur les vers de Brassens et de Rilke, de Dylan et de Brodsky, je me promène, je cours ou bien je m’arrête : je voudrais habiter là. »

Luce
12-04-2021

Poème

Et de joyeux drilles
Dansaient le quadrille
Sur la musique des mots
Au son d'un beau saxo.
Ohé braves gens
Entrez dans la danse
Voyez votre chance
Ayez de l'entregent !
Et valsez maintenant
Sur les notes du temps !